Déjeuner sur l’air

Septembre 2019
Installation  dans un kiosque 

Paris 17e

KAB 2020

Notre installation prend ses racines dans l’histoire du quartier des Batignolles, et plus particulièrement de l’oeuvre d’Édouard Manet, peintre majeur et précurseur de la peinture moderne.
L’artiste a travaillé dans plusieurs ateliers du quartier et à été l’initiateur du “groupe des Batignolles”, rapprochement de talents de l’impressionnisme dans lequel on a pu  compter Paul Cézanne, Auguste Renoir, Frédéric Bazille ou Claude Monet.
Le Déjeuner sur l’herbe, achevé en 1863, est un des tableaux les plus connus de l’oeuvre de Manet, réinterprété, entre autres, par Monet et Picasso.
C’est un aspect particulier de cette toile qui à inspiré le projet. Le peintre a repris le thème de l’allégorie de Poésie avec des personnages modernes, présentant la scène  comme un « pique-nique en forêt », détente favorite de ses contemporains le week-end.
Par la représentation d’une scène de la vie commune inspirée par une iconographie classique, Il fait de ce tableau le manifeste d’une nouvelle conception de la relation entrel’art et son public.
Aujourd’hui encore, les squares, parcs et jardins sont habités par les citadins. Ils sont une jonction entre espace public et privé, véritable pièce à vivre collective dans  laquelle on se donne rendez vous pour partager un repas.
Dans l’imaginaire qui entoure cette thématique du “piquenique”,  l’emblématique nappe en vichy rouge représente
cette notion d’espace privé dans l’espace public: elle délimite au sol l’espace de la “salle à manger”.
Cette nappe, à l’identité visuelle forte, est la composante  principale de l’installation.
La seconde thématique abordée par ce projet est la notion de temps arrêté, de moment suspendu ou de mouvement interrompu. Comme si une tornade soulevait la nappe du sol, elle lévite,  +figée dans le temps et l’espace.
Cette suspension, invisible, vient occuper la totalité de l’espace du kiosque. La toile se développe de manière presque aléatoire, la rendant changeante, variable et  favorisant l’effet de mouvement.
La nappe vient s’enrouler en lévitant autour de l’oranger  central, sa couleur rouge la rendant visible à travers le vert
des arbres et de la structure du kiosque.  Le mouvement concentrique qu’elle développe invite les visiteurs à tourner autour de la structure pour appréhender la totalité de ses variations. Il s’agit ici de retenir son souffle, dans un moment figé au coeur des arbres.